Séjour de Benoit au Mozambique.



J'ai passé cet été deux mois à Inyasonia avec Yves. Arrivé fin juin, je suis reparti fin août. 

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Juillet août, c'est la saison sèche, l'hiver, en fait. Il fait parfois très froid le matin et, évidemment, il n'y a pas de chauffage. Heureusement, dès que le soleil se lève, ça réchauffe très vite. Gros écarts de température sur la journée. Tôt le matin, gros pulls et anoraks, de même pour la soirée, mais, à midi, on est incapable de toucher le capot d'une voiture sans se brûler.

Dès mon arrivée, un coup de chance. Alors que les vacances scolaires ont lieu en décembre et janvier, cet année, le Mozambique organise son recensement. Comme, pour cela, il a besoin de beaucoup de personnel, il a décrété un mois et demi de vacances scolaires supplémentaires : Yves sera donc totalement disponible et je pourrai l'accompagner à plein temps. Il assure en effet 9 heures de cours par semaine au collège en tant que professeur de physique.

Pour le recensement, le gouvernement a fait appel à des enseignants et à des élèves, mais triés sur le volet : que des membres du parti au pouvoir. Déception, donc, pour les jeunes de la paroisse qui espéraient gagner ainsi un peu d'argent. 
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Ma principale occupation durant ce séjour, à part la découverte de la mission, de ses réalités et du pays : la mécanique.

Les véhicules dont Yves dispose sont en effet anciens. Il parcourt environ 5000 km par mois et la mécanique souffre et s'use. J'ai refait l'embiellage d'une des voitures. Par ailleurs, le moulin et le générateur de la maison demandent eux-aussi de l'entretien. Voilà de quoi m'occuper à mes heures perdues. Le générateur électrique fournit, le soir de 17h45 à 21h00, l'énergie à la mission, mais aussi à l'hôpital local et à la résidence des soeurs. 

Les jeunes de la mission débordent de bonne volonté, mais sont parfois très maladroits et, ici, la moindre erreur dans ce domaine ne pardonne pas. Pas ou très peu de pièces détachées : il faut souvent bricoler et faire preuve d'imagination. Yves est devenu imbattable dans ce domaine ! 
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Yves voyage donc beaucoup. Et, de fait, lorsqu'on l'accompagne, les trajets occupent une partie importante de notre temps. C'est souvent monotone lorsqu'on roule sur les routes goudronnées. On n'y va pas très vite - c'est très dangereux - et les distances sont impressionnantes.

Une fois par semaine, Yves se rend ainsi à Chimoio, à 150 km d'Inyasonia, pour faire les courses. Lever 5h00, messe à 6h00 chez les soeurs de Catandica et, en route. On arrive vers 11h00, quelques emplettes, repas et, en début d'après-midi, c'est le retour le plus rapidement possible pour être revenu avant la nuit.

Rouler la nuit est, en effet, encore beaucoup plus dangereux que le jour. On croise des voitures sans phares et d'autres dont l'état ne permet pas de circuler au grand jour. Dépassements inconscients, piétons inattendus, il faut alors être extrêmement prudents.

On roule à gauche. Bien que peu sûr de moi, je m'y met quand même. En effet, Yves a en charge, quand c'est nécessaire, le transport des malades de l'hôpital d'Inyasonia à celui de Catandica et je tiens à pouvoir l'aider. Parfois la nuit. Le seul être qu'on écrasera, à trois chauffeurs et sur 10.000 km en deux mois, sera un gros cochon. Mort sur le coup et la voiture n'a rien.